16 septembre 2008
Un week-end et des Rocheuses...
Vendredi 12 septembre, 20h Littleton (CO)
Vivre au milieu d'étudiants peut couper l'expatrié du monde réel. C'est pourquoi, l'un des derniers week-end de l'été - voire de l'automne, vous dirait le Coloradan blasé - était consacré à une immersion dans la vie américaine. La vraie.
Direction la ville de Littleton à l'ouest de l'état et patrie d'origine de Jeff, étudiant et ami américain, qui a proposé d'héberger une dizaine de personnes dans la demeure familiale.
Quel est l'attrait de Littleton? Un fête patronale composée de montgolfières et de stands à hot dogs. Non, Littleton est inconnue du monde mais abrite un lieu chargé d'histoire...le tristement célèbre lycée Columbine où douze élèves ont péri sous les balles de deux adolescents en 1999.
A quelques mètres de la fête, un mémorial en forme de double cercle entretient le souvenir de ces douloureuses heures. Et les citations des parents ou des proches glacent le sang plus vite que le vent vif du Colorado.
Mais la ville veut aller de l'avant et organisait samedi un show typiquement américain : l'exposition de grosses cylindrèes. Corvette, Mustang et pick-up, la quintessence de l'industrie automobile américaine luisait au soleil. Parfois, l'observateur distrait en oublierait la crise pétrolière devant ces engins voraces en essence...
Une authentique Chevrolet des 5O's (Credit Photo : Albane Pommereau)
SameDimanche 13/14 septembre, 16h sur la route des Rocheuses
La montagne, ça vous castagne...
Littleton n'était qu'une étape. Le vrai but du voyage s'imposait rapidement à l'horizon. Une chaîne de montagnes nous défiait.
Avant d'attaquer la randonnée à l'aube, petite pause camping. Le fossé culturel s'est définitivement creusé. Le campeur américain n'apporte pas son sac de charbon de bois pour alimenter le feu de camp. Il abat un arbre en fin de vie. Trois de grande taille en l'occurrence : une coutume locale illégale mais répandue. L'activité de bûcheron est harassante mais possède un effet anti-stress insoupçonné.
Autour du feu, les saucisses et les Budweiser sortent des sacs. Constatation importante : boire en altitude, même à 2000m, est économique, si l'ivresse est l'objectif recherché. Entre aquaphobes, le message est bien passé.
"Brokeback Moutain" ou des douleurs dans le dos
Une courte nuit de sommeil à neuf dans une tente pour six forge un moral de coton pour s'attaquer au Grays Peak, appellé aussi Gay Peak, va savoir pourquoi.
6h 30. Debouts, pas frais et indisposés, nous avons lancé la marche vers le sommet : 15 000 pieds (4500m).
N'importe quel vendeur de matériel de randonnée vous dirait que c'est la période idéale pour faire du Hiking. Il est aussi fiable que les prévisions météorologiques au Colorado. Le soleil était en retard. La neige en avance. Ok, pas de vraie tempête, mais un épais manteau nous attendait plus tôt que prévu. L'oxygène devenait rare et le froid mordait la peau. Après deux heures de marche-escalade, l'idée d'abandon a infusé dans l'esprit de mes compagnons de souffrance. Deux heures plus tard et une dizaine de kilomètres dans les jambes, la vue récompensait les troupes.
Une vue imprenable sur les Rockies
12h. Un frugal déjeuner permettait de reprendre des forces pour redescendre. Et il en fallait.
Neige+soleil+ vent = verglas. Cette formule pseudo-scientifique s'est appliquée pour le retour où chacun a pu ramené un souvenir personnalisé : écorchures, bleus ou rhume. Qu'importe, la goutte au nez et le sourire au lèvre, nous avons dominé la Nature et... contribuer à la prospérité de l'industrie pharmaceutique.
La suite au prochain numéro : les Fraternités, mythes et réalités. Voyage chez les Kappa Sigma.


